Il y a deux ans, la FEB a lancé ‘Young Talent in Action’. Lors du premier forum éponyme, quelque 2.000 jeunes, chefs d’entreprise, enseignants, décideurs et experts étaient présents à Brussels Expo. L'objectif ? Trouver des réponses à la question 'Comment supprimer les obstacles entre l'offre et la demande sur le marché du travail, transformer l'inadéquation en adéquation et améliorer ainsi les chances d'emploi des jeunes ?' Les groupes de travail et ateliers, les speeddates, le vote, les débats et l’interaction avec les participants ont livré une série de pistes intéressantes. Dans son discours de clôture, la présidente de la FEB de l'époque, Michèle Sioen, avait regroupé ces propositions en six catégories : enseignement, formation en alternance, marché du travail dynamique, agilité dans l’emploi, initiatives des entreprises et développement de ses propres talents.

Lors de son premier Forum ‘Young Talent in Action’, la FEB a appelé à réduire le chômage des jeunes d’un quart d’ici à la fin de la législature. À cette époque, 88.000 jeunes étaient sans emploi. En 2016, ils étaient 75.000. Cette baisse est positive, mais certainement pas suffisante.

En 2015, nous avons surtout lancé un signal politique. En effet, la réalisation d'un marché du travail plus performant et d'une croissance de l'emploi des jeunes dépend de la volonté de tous les acteurs à tous les niveaux - responsables politiques, enseignement, société civile, employeurs, jeunes, ... - de trouver des solutions effectives. Le taux de réponse était tellement important et positif que nous avons décidé de réitérer ‘Young Talent in Action’.

N'a-t-on rien fait dans l'intervalle ? Si, au contraire. Le Forum de la FEB n’était qu’un début et il a apporté de l'oxygène frais. Il a lancé une dynamique que nous avons maintenue en tête de l'agenda avec les employeurs, les spécialistes de l’enseignement, les responsables politiques, les décideurs et les jeunes. Au sein même de la FEB, le concept ‘Young Talent in Action’ est devenu un programme continu à part entière qui jette des ponts entre les jeunes, les entreprises et les pouvoirs publics afin que ces mondes s'inspirent mutuellement.

Les quelque 200 ambassadeurs ‘Young Talent in Action’ en sont les représentants les plus visibles. Ils constituent une cellule de réflexion, une caisse de résonnance et une source d’idées afin de renforcer le lien entre les jeunes et le marché du travail. Plus nous pourrons associer de stakeholders à la campagne ‘Young Talent in Action’, plus elle sera efficace. L’instrument ‘Young Talent @ Work’ en est un bel exemple. Dans cette publication, les spécialistes de la FEB soutenus par les étudiants en RH de l’Antwerp Management School ont réuni des conseils et astuces pratiques, des outils et des exemples inspirants pour attirer, embaucher et insérer les jeunes intelligemment.

Le marché du travail remonte …

L’emploi est en hausse. De nombreux emplois sont créés. Et les employeurs cherchent des gens pour les occuper, mais ne trouvent généralement pas assez de candidats adéquats. En 2016, notre pays comptait plus de 100.000 postes vacants (Eurostat). Cela indique clairement que l’économie reprend, grâce notamment à la politique du gouvernement qui stimule la compétitivité et la création d’emplois  (près de 90.000 nouveaux emplois dans le secteur privé, dont 59.000 en 2016). Et les perspectives promettent encore plus de création d'emplois. Dans le sillage de la reprise du marché du travail, le chômage (des jeunes) baisse également (parmi les 15-24 ans, baisse de 1,6 points de pour-cent, pour arriver à 20,5% en 2016). Les entreprises cherchent des jeunes talents ayant des idées rafraîchissantes. Les jeunes se voient offrir plus d'opportunités. Mais ils doivent avoir conscience qu'ils doivent assumer eux-mêmes la responsabilité de leur employabilité. Apprendre à mieux se connaître, découvrir ses talents, vouloir apprendre,  étudier dans un but précis, s’intéresser à la technologie, prendre des initiatives, ne pas attendre passivement, mais rechercher les opportunités et les saisir, faire un job d’étudiant, s’engager dans un stage, surveiller les évolutions du marché du travail, faire des choix intelligents en fonction de ses talents et tenir compte de la réalité du marché du travail, apprendre à apprendre pour pouvoir s’adapter pendant toute sa carrière, …

A la recherche de talents

La recherche d'emplois ne correspond pas toujours aux besoins des entreprises. Or, cela n'est pas de nature à améliorer les chances d'emploi des jeunes. La résorption de cette inadéquation quantitative (les candidats ne trouvent pas la voie vers les emplois vacants), qualitative (les qualifications des jeunes ne correspondent pas toujours aux besoins du marché du travail) et géographique (mobilité transrégionale) entre l'offre et la demande sur le marché du travail est un des fers de lance de la FEB.  L'activation est un must et une mission pour tous les acteurs.

Aider plus de jeunes à trouver le bon emploi devrait donc démarrer sur les bancs de l'école. On ne peut pas considérer que les gens et les emplois se trouveront automatiquement. C'est parfois le cas, mais rarement. Et c’est à ce niveau que la FEB veut et peut jouer un rôle.

Récemment encore, nous avons interrogé 500 jeunes belges entre 17 et 27 ans pour connaître les préoccupations que suscite chez eux la recherche d’un emploi. Les jeunes remettent d'emblée trois clichés en question :

  1. Leur toute première expérience professionnelle ne doit pas nécessairement s'inscrire dans le cadre d'un contrat fixe (90%). Ils acceptent sans problème d'intégrer le marché du travail via des stages, des contrats d’occupation d’étudiant, du bénévolat et ils y voient un tremplin vers plus de possibilités ;

  2. Beaucoup de jeunes ne rêvent pas d'une carrière dans une grande multinationale. Près de la moitié (49%) aimerait en outre lancer sa propre entreprise ;

  3. Deux jeunes sur trois (68%) sont prêts à exercer un emploi qui ne correspond pas du tout à leur formation ou à leur choix d'études.

    Les jeunes estiment surtout important :

  4. de pouvoir se former et s'épanouir durant leur première expérience professionnelle (48%) ;

  5. de pouvoir conserver un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée (46%) ;

  6. et de ne pas consacrer plus de 45 minutes aux trajets domicile-travail (31%).

    Ils souhaitent faire passer les messages suivants aux employeurs :

  7. Ne cherchez pas nécessairement l'oiseau rare qui possède toutes les qualités et compétences. Ne mettez pas les jeunes sur la touche en raison de leur manque d’expérience, mais donnez-leur la chance de développer leur expertise ;

  8. Veillez à ce que l’expérience exigée dans le cadre d’une offre d’emploi correspond bien à ce que requiert le profil (83%) ;

  9. Formulez clairement dans l'offre d'emploi ce que l'on attend du candidat. Pratiquement la moitié des jeunes (48%) affirment ne souvent pas le savoir lorsqu'ils lisent une offre d'emploi.

On ne le répétera jamais assez : l’emploi des jeunes est un défi sociétal auquel notre pays aussi doit  s’atteler. Différents acteurs jouent un rôle complémentaire à cet égard : les jeunes, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, les entreprises et l’enseignement. Au cours de la dernière décennie, la problématique a été décrite à plusieurs reprises sous les approches les plus diverses. Dans le cadre du Forum ‘Young Talent in Action’, la FEB avait déjà formulé quelques recommandations (politiques). Lors du Forum du lundi 2 octobre 2017, nous continuerons à les développer et nous concentrerons sur des initiatives concrètes investissant beaucoup d'énergie et de moyens dans l'accompagnement des jeunes vers un (premier) emploi, et nous chercherons des interfaces productives entre les différents domaines et niveaux afin qu'ils puissent se renforcer et s'améliorer mutuellement.

‘Young Talent in Action - 2nd edition’ entend valoriser la motivation, les idées et l’offre étendue d’un maximum d’acteurs. Cela en rapprochant l’offre et la demande et tout ce qui se situe entre les deux, en apportant un meilleure visibilité aux initiatives, en apportant de l’inspiration et en jetant plus de ponts encore entre :

  1. Les jeunes et le marché du travail

     ‘Nous devons, plus que jamais, convaincre les acteurs que sans les compétences et attitudes adéquates, des postes resteront vacants.' L’ère binaire avec l’enseignement d’un côté et les entreprises de l’autre est révolue depuis longtemps. C'est pourquoi la FEB plaide pour une meilleure adaptation de l’enseignement au marché du travail et davantage d'échanges entre les deux mondes.

  2. Les jeunes et les entreprises et les secteurs

    ‘La sécurité d’emploi d’avant fait place à un avenir où il sera essentiel d’être prêt à acquérir de nouvelles aptitudes tout au long de sa carrière. Aujourd'hui, il importe que le monde des entreprises et celui de l'enseignement s'ouvrent davantage l'un à l'autre afin que les connaissances et le savoir-faire se renforcent mutuellement. Les stages, cours pratiques en entreprise, projets d'échange, la formation en alternance, des employeurs en classe, des enseignants en entreprise, ... et toutes les variantes possibles améliorent la qualité de la formation et les compétences professionnelles des jeunes.

  3. Les jeunes et les responsables politiques

    Ce qu’on ne connaît pas fait peur. La plupart des jeunes voient le monde politique comme quelque chose de très lointain. Or, ils sont les dirigeants (également politiques) de demain et la politique menée a inéluctablement un impact sur leur vie (future). Là aussi, nous voulons jeter des ponts.

 

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